Le paragraphe 175

On appelle paragraphe 175 l'article 175[1] du Code pénal (Reichstrafgesetzbuch) allemand qui condamnait l'homosexualité, de 1871 à 1994. C'est au nom de ce paragraphe que plusieurs dizaines de milliers d'homosexuels ont été arrêtés et envoyés dans les camps de concentration.

Le paragraphe 175 fut modifié en 1969 : l'homosexualité cessa d'être un motif d'emprisonnement. Mais comme en France, l'âge du consentement à un rapport sexuel reste plus élevé pour les homosexuels, et de nombreux homosexuels restent poursuivis, mais pour outrage à la pudeur.

Le paragraphe 175 fut finalement abrogé en 1994.

Voir le film :

PARAGRAPHE 175
Documentaire de 2001
Rop Eptein et Jeffrey Friedman

Ours d'Or du Documentaire, Berlin 2000

Prix du Meilleur Réalisateur de documentaire, Sundance 2000


Entre 1933 et 1945, selon les archives des Nazis 100000 hommes furent arrêtés pour homosexualité. Plus de 10 000 d'entre eux furent envoyés dans des camps de concentration. Le taux de mortalité des homosexuels prisonniers dans les camps est estimé à soixante pour cent.
A peine 4 000 d'entre eux survécurent.
Le fait que les homosexuels furent emprisonnés dans les camps de concentration est relativement connu aujourd'hui. En revanche on ignore généralement que beaucoup d'entre eux ont continué à subir des persécutions dans l'Allemagne de l'après-guerre.

Quelques-uns se retrouvèrent même de nouveau derrière les barreaux. Ils n'eurent pas droit à des réparations de la part du gouvernement allemand et tout le temps qu'ils passèrent dans des camps fut déduit de leur retraite. Dans les années 50 et 60, le nombre de condamnations pour homosexualité en RFA ont été aussi importantes qu'à l'époque des Nazis.
Aucune mention de ces crimes ne fut faite au procès de Nuremberg en 1946.
Le travail de recherche, les monuments aux morts et les musées passent sous silence le sort des déportés homosexuels dans les camps de concentration Nazis.
Dans les années 90, des chercheurs ont commencé à se documenter sur les histoires personnelles de ces hommes qui portaient le triangle rose. Le premier organisme à prendre en compte la persécution des homosexuels par les Nazis fut le Musée pour la Commémoration de l'Holocauste à Washington ; il encouragea des survivants à sortir de leur silence. En 1995, huit survivants ont publié une déclaration collective pour réclamer la reconnaissance de leur persécution.

Le paragraphe 175
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# Posté le jeudi 27 mars 2008 17:54

La seconde guerre mondiale, le nazisme, Hitler, les camps, les victimes...

Un bref résumé d'histoire pour vous remémorer ce qu'il s'est passé pendant la seconde guerre mondiale, sous le IIIème Reich. Et rappeler qu'il y a eu beaucoup de victimes, de morts qu'il ne faut surtout pas oublier. Car toutes ses personnes qui ont été déportées, exterminées, lobotomisées, expérimentées...sont le fruit de la discrimination.

Une discrimination sur l'orientation sexuelle, sur la religion, sur le handicap physique ou mental...

Ce blog pour que l'on se rende compte des conséquences que peut engendrer la discrimination !


Voici, pour commencer un discours d'Himmler du 18 février 1937 sur l'homosexualité :

"Si j'admets qu'il y a un à deux millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou10% des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. A long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel[...]Un peuple de race noble qui a très peu d'enfants détient un billet pour l'au-delà : il n'aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et d'ici deux cents ou cinq cents ans, il sera mort[...]L'homosexualité fait donc échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement. Elle détruit l'État dans ses fondements. A cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs[...]Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique[...]"

Puis, un extrait de "Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel" :

"Au centre du carré que nous formions, on amena, encadré par deux SS, un jeune homme. Horrifié, je reconnus Jo, mon tendre ami de dix-huit ans. Je ne l'avais pas aperçu auparavant dans le camp. Etait-il arrivé avant ou après moi ? Nous ne nous étions pas vus dans les quelques jours qui avaient précédé ma convocation à la Gestapo. Je me figeai de terreur. J'avais prié pour qu'il ait échappé à leurs rafles, à leurs listes, à leurs humiliations. Et il était là, sous mes yeux impuissants qui s'embuèrent de larmes. Il n'avait pas, comme moi, porté des plis dangereux, arraché des affiches ou signé des procès-verbaux. Et pourtant il avait été pris, et il allait mourir. Ainsi donc les listes étaient bien complètes. Que s'était-il passé ? Que lui reprochaient ces monstres ? Dans ma douleur, j'ai totalement oublié le contenu de l'acte de mise à mort.
Puis les haut-parleurs diffusèrent une bruyante musique classique tandis que les SS le mettaient à nu. Puis ils lui enfoncèrent violemment sur la tête un seau en fer blanc. Ils lâchèrent sur lui les féroces chiens de garde du camp, des bergers allemands qui le mordirent d'abord au bas-ventre et aux cuisses avant de le dévorer sous nos yeux. Ses hurlements de douleur étaient amplifiés et distordus par le seau sous lequel sa tête demeurait prise. Raide et chancelant, les yeux écarquillés par tant d'horreur, des larmes coulant sur mes joues, je priai ardemment pour qu'il perde très vite connaissance. Depuis, il m'arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de cinquante ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n'oublierai jamais cet assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être témoins. Pourquoi donc se taisent-ils encore aujourd'hui ? Sont-ils donc tous morts ? Il est vrai que nous étions parmi les pus jeunes du camp, et que beaucoup de temps a passé. Mais je pense que certains préfèrent se taire pour toujours, redoutant de réveiller d'atroces souvenirs, comme celui-ci parmi d'autres.

Quant à moi, après des dizaines d'années de silence, j'ai décidé de parler, de témoigner, d'accuser.
"

=> Avant d'évoquer le système concentrationnaire nazi, il est utile de rappeler le sens des mots. Il y a déportation lorsque des personnes sont déplacées de force d'un pays à un autre. La persécution et les répressions qui donnent lieu à une incarcération dans le pays où vivent les victimes conduisent à employer le terme d'internement. Dès lors les opposants allemands au régime nazi qui sont incarcérés dès 1933-1934, sont internés, tout comme les résistants, les patriotes en France sous le régime de Vichy.

Le déporté porte sur son pyjama rayé le triangle ou l'étoile de David qui stigmatise cette hiérarchie raciste et sociale établie par les nazis:

* triangle bleu pour le déporté apatride
* triangle marron pour le déporté tsigane
* triangle noir pour le déporté asocial
* triangle rouge pour le déporté politique
* triangle rose pour le déporté homosexuel
* triangle vert pour le déporté de droit commun
* triangle violet pour le déporté " sectateur de la Bible "
* étoile jaune pour le déporté juif
* étoile jaune et rouge pour le juif résistant

Le mémorial de la Shoah regroupe un bon nombre de témoignages de familles juives, résistantes...
Voir ce lien.
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# Posté le jeudi 27 mars 2008 17:43

D'après unsa-education

D'après unsa-education
La lutte contre les discriminations, toutes les formes de discrimination, sans exclusive, est non seulement un devoir humaniste fondamental, c'est aussi un enjeu social et culturel de première importance. Des organisations de personnels de l'éducation nationale, de lycéens, d'étudiants, de parents, ont conçu ce document destiné à combattre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre. Malgré quelques avancées, l'identité de genre et l'orientation sexuelle restent encore des sujets tabous. Parfois ce sont même des mobiles utilisés par certains pour exercer leur haine, comme en février 2004 avec Sébastien Nouchet, brûlé vif parce qu'homosexuel. Derrière chaque discrimination, ce sont autant d'injustices, de mal-être, de souffrances qui sont vécus dans la famille, à l'école, au travail, dans la cité. Derrière chaque discrimination, ce sont des femmes ou des hommes, jeunes ou moins jeunes qui subissent des atteintes à leur dignité, le plus souvent en silence. Régulièrement, des jeunes mettent fin à leurs jours ou tentent de le faire car l'image que la société leur renvoie de leur sexualité ou de leur genre les fait douter de leur capacité à assumer leur différence. Cette publication a pour objectif de contribuer à faire changer les mentalités. Nos organisations s'engagent dans un combat visant à faire reculer les discriminations, dans la société et dans le milieu éducatif. Comme membres de la communauté éducative, nous contribuons, par notre action, à transmettre des valeurs de laïcité, de citoyenneté, d'égalité, d'ouverture sur le monde et de fraternité. A travers un tel document, nous souhaitons transmettre à chacun et à chacune de nos adhérents et de nos adhérentes des outils pour que reculent l'ignorance, les préjugés et pour contribuer à la construction d'un monde plus tolérant, plus ouvert à la diversité.
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# Posté le jeudi 27 mars 2008 15:19

He oui !

En tant que conseillère des jeunes du Limousin, je travaille sur un projet qui me tient vraiment à coeur :
les discriminations.

Pas seulement envers les homos, il est clair que c'est en partie pour ça que j'ai choisit ce projet, mais aussi envers les personnes handicapées, que les gens regardent comme des chiens, des personnes inférieures, des choses, ainsi que les personnes de religions différentes, de couleur de peau différente...

Voici donc une affiche qui a été créée pour la journée internationale contre l'homophobie. (Canada mais corrigez-moi si je me trompe)

De http://www.homophobie.org.

Le 17 mai 1991, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rayé l'homosexualité de la liste des maladies mentales, supprimée officiellement en 1992 dans la classification internationale (ICD-10).

Lors de son congrès national en 2006, l'Association américaine de psychologie a réaffirmé sa position selon laquelle l'homosexualité n'était pas une maladie.
He oui !

# Posté le jeudi 27 mars 2008 13:31

Modifié le jeudi 27 mars 2008 13:47

LEGIFRANCE

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# Posté le jeudi 27 mars 2008 09:39